Le jeu consiste pour les gardians à amener les taureaux aux arènes et pour la population à les en empêcher.
En Provence et Languedoc, pour la fête patronale (fête votive) dans les villages, l'abrivado est considérée par la population en fête comme le spectacle majeur des réjouissances prévues.
Les sept taureaux prévus pour la course à la cocarde dans le village voisin sont d'abord triés par les gardians de la manade. Ils quittent leur pâturage cheminant au pas accéléré, entourés des gardians et suivis des jeunes cavaliers et des calèches, ils entrent dans le village. Sur un ordre du baïle gardian, les cavaliers se resserrent entourant complètement les taureaux et ne laissant aucun passage entre les chevaux. Les jeunes gens du village, hurlant et gesticulant, essayent de créer la fissure pour faire échapper les taureaux qui n'auront alors qu'une idée en tête : retourner à leur pâturage. C'est alors l'occasion pour les gardians de démontrer les aptitudes et la dextérité de leurs montures et de rattraper au grand galop dans les rues du village les bêtes échappées.
A la fin du XIX° siècle, pour se rendre à une course dans le Vaucluse ou à la boucherie à Toulon, les taureaux étaient déplacés de nuit et traversaient les villes comme Marseille par le Cours Belsunce et la rue de Rome au petit galop.
Depuis l'apparition du transport par camion, le parcours de l'Abrivado se résume le plus souvent à la traversée des artères principales du village avant d'arrivée aux arènes.
A l'issue de la course dans les arènes, la Bandido ramène les taureaux aux pâturages, les taureaux sont lâchés dans les rues, précédés de cavaliers et déboulent dans le village avant de retrouver leur liberté.
Spectacle populaire aujourd'hui, la ferrade a toujours été pratiquée par les propriétaires de taureaux pour marquer leurs bêtes.
Cette opération consiste à imposer aux veaux d'un an (anoubles) la marque indélébile (au fer rouge) du propriétaire. À cette occasion il faut du renfort en hommes, le manadier en profi te pour y convier ses amis, et c'est l'occasion d'agapes joyeuses.
La ferrade a lieu en plein champ, les gardians trient l'anouble puis le poursuivent au grand galop pour le séparer du troupeau en le poussant vers les invités, le gardian doit alors le "tomber" d'un coup de trident appliqué sur la hanche.
Saisi par les invités, l'anouble sera alors "escoussuré" (entailles sur les oreilles) avant d'être marqué au fer rouge sur la cuisse gauche de la marque de son propriétaire et sur le flanc de son numéro.
Très appréciée du public, la roussataïo est de plus en plus présente dans les différentes fêtes.
Les gardians accompagnent alors un troupeau de juments en liberté qui traversent le village au petit trot avec leurs poulains.