L’Eglise des Saintes maries de la Mer abrite les reliques des deux Saintes qui donnèrent leur nom au village, Marie Jacobée et Marie Salomé, ainsi qu’une crypte dédiée à Saintes Sara, la patronne des Gitans. Lieu triplement saint, elle attire chaque année d’innombrables pèlerins.
A peine passé le seul, une impression d’ancienneté vous saisit. En dépit des nombreux tableaux et objets précieux exposé dans les vitrines, l’aspect austère et massif de la pierre grise domine. C’est donc ici que d’après la légende, la sœur de la vierge et la mère des apôtres Jacques et Jean érigèrent un oratoire. En 1448, le roi René d’Anjou voulu en avoir le cœur net, il ordonna des fouilles sous l’église. Et l’on retrouva bien deux corps reposant côte à côte, la tête sur un « oreiller » de marbre. Vous pouvez encore le voir aujourd’hui scellé entre deux pierres de la travée gauche, juste à côté de la sculpture représentant les Saintes dans leur barque. Il a tellement été caressé par les fidèles venu chercher ici guérisons et protection ou remercier les Saintes pour quelque miracles, dont témoignent nombreux ex-voto, qu’il a pris forme dérange et toute patinée. D’autres vestiges du lieu de culte primitif ont traversé les âges : au milieu de la nef une trappe donne sur un puits qui était alimenté par une source d’eau « que Dieu créa pour que les Saintes puissent habiter dans ce lieu » comme le précise une lithographie du XIVe siècle.
Quant aux reliques des Saintes, elles sont précieusement conservées dans la Chapelle Haute, qu’elles ne quittent que deux fois par an, lors des pèlerinages du 24 mai et du 22 octobre : selon un rituel inchangé depuis des siècles, la double châsse dans laquelle elles ont été placées est alors descendu par la fenêtre situé au-dessus du chœur. La crypte symétriquement creusé sous le chœur date de l’époque des fouilles. C’est ici que l’on aurait découvert les corps des Saintes. Elle est aujourd’hui dédiée à Sara-la-Kâli (Sara la noire en langue tsigane), leur servante selon les uns, reine d’une tribu gitane selon les autres. Les Gitans la reconnaissent comme leur sainte patronne et viennent de toute l’Europe l’honorer chaque année.
Au fond de la crypte, le visage sombre de la vierge noire de Camargue émerge d’une somptueuse robe bleu recouverte d’une longue cape rose. Une urne rempli de morceaux de papier sur lesquels ont été inscrites des prières est posée à coté delle. La lueur de dizaine de bougies rouges ainsi que le parfum de cire et la chaleur quelle dégagent créent une atmosphère magique donnant à Sara l’l’allure d’une princesse vaudou. Avant de reprendre la route regardez encore une fois son visage rayonnant et de sérénité et souvenez-vous qu’elle est aussi la protectrice des voyageurs.