Issu d'une famille Florentine, installée dans le Comtat Venaissin au XV ème siècle, Folco de Baroncelli est né en 1869 à Aix en Provence. Ses premiers contacts avec les taureaux remontent à son enfance. La découverte de la Camargue va alors sceller son destin, il sera manadier envers et contre tout.
En 1895, il s'installe en Camargue où il crée la « Manado Santenco » aux Saintes Maries de la Mer. En 1909, il crée la Nacioun Gardiano et participe activement à la codification de la Course Camarguaise
naissante et donne ses lettres de noblesse au Gardian. Tous les
témoignages insistent sur la grande humanité et la générosité de cet
homme ; mais le trait marquant de son caractère réside dans ses prises
de position en faveur des minorités opprimées. Il défend les Gitans pour qui il obtient en 1935 le droit d'honorer publiquement leur patronne Sara.
C'est pourquoi, le 26 mai de chaque année, une journée à la mémoire du Marquis est organisée, en présence des gitans, de groupes folkloriques et de gardians à cheval.
Créée par Frédéric Mistral à Arles en 1903 pour revaloriser le costume, le Felibre émit le voeu que chaque village eût aussi sa "Festo Vierginenco"
Aujourd'hui, seul celui des Saintes Maries a conservé cette journée traditionnelle, et nous la devons au Marquis de Baroncelli qui, jusqu'en 1939 en fût l'organisateur et en assura le succès.
La Nacioun Gardiano, fidèle au souvenir du Marquis a maintenu sa "Festo vierginenco" aux Saintes Maries où elle connait un engouement certain.
C'est l'occasion pour les jeunes filles de 15 ans de porter pour la première fois le costume d'arlésienne adulte et son fameux ruban.
Les jeunes filles (Chatouno)
se présentent avec leurs marraines. Elles sont vêtues ce jour-là d'un
costume avec une jupe en cotonade, une èso noire, un fiche blanc et un
ruban bleu marine.
Elles reçoivent un diplôme décidé par Frédéric Mistral et dessiné par Léo Lelée "Tant qu'auren lou riban e la capello, lis Arlatenco saren li pu bello" et s'engagent à porter le costume, à partager leur savoir auprès d'autres jeunes filles, à faire vivre le costume.
La
course de taureaux, les jeux équestres, les danses provençales, la
bénédiction des poulains dans les arènes et le défilé des jeunes filles
costumées constituent l'essentiel de cette journée.
"Maintenir
et glorifier le costume, les us et coutumes de la Camargue et des pays
taurins, poursuivre l'épanouissement de la langue d'Oc, propager la doctrine félibréenne contenue dans les oeuvres poétiques de Frédéric Mistral et de ses disciples", telle est la devise de la Nacioun Gardiano.
A la demande du Marquis Folco de Baroncelli, le peintre et sculpteur Hermann Paul
réalisa en 1926 une oeuvre associant symboliquement les gardians et les
pêcheurs, les deux composantes du peuple des Saintes Maries de la Mer
Elle symbolise les trois vertus théologales :
Les 3 extrémités de la Croix sont terminées par des tridents représentant les gardians et l'âme camarguaise.
La croix originelle fut réalisée en fer forgé par Joseph Barbanson, forgeron aux Saintes Maries de la Mer.
Inaugurée le 7 juillet 1926, elle fut initialement installée face à l'actuel Grand Large et déplacée une dizaine d'années plus tard au Pont du Mort à l'entrée ouest du village.