Roms, Manouches, Tsiganes et Gitans arrivent des quatre coins d’Europe et même d’autres continents pour vénérer leur Sainte, Sara la Noire. Ils s’installent dans les rues, sur les places, au bord de la mer. Pendant huit à dix jours, ils sont ici chez eux. Le pèlerinage est aussi l’occasion de retrouvailles et la plupart des enfants sont baptisés dans l’église des Saintes.
A la suite de la descente des châsses le 24 mai, la statue de Sara est portée par les gitans jusqu’à la mer pour symboliser l’attente et l’accueil des Saintes Maries par Sara, patronne des gitans. La procession revient alors à l’église dans la joie des acclamations, des instruments de musique et du carillon des cloches de l’église.
La statue de Sara se trouve dans la crypte de l’église, à droite de l’autel, revêtue de robes multicolores et de bijoux.
LES SAINTES FEMMES ET LEUR MESSAGE
Nos Saintes, Marie-Salomé et Marie-Jacobé, nous sont connues par l'Evangile (Mt 27,55-56; Jn 19,25; Mc 15,40-41; 16,1-7, ...). Elles ne sont pas une « légende » !
Marie-Salomé,
nommée Salomé ou Mère des fils de Zébédée dans l'Evangile, eut deux
fils : Jacques le Majeur, premier évêque de Jérusalem et vénéré à
Compostelle, et Jean l'évangéliste.
Marie-Jacobé,
appelée dans l'Evangile Marie de Cléophas, Marie mère de Jacques et
Joseph ou Marie de Jacques, d'où son nom Marie-Jacobé, eut quatre
garçons dont les apôtres Jacques le Mineur et José.
Dans la tradition
du culte des Trois Maries et de la Sainte Parenté, dont une très belle a
été peinte au XVI° sur le « surciel » de la chapelle haute, Salomé et
Jacobé, filles de sainte Anne, sont demi-sœurs de la Vierge Marie. Elles
font partie de celles qui « avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir
» Mt.27,55. Elles l'ont suivi jusqu'au pied de la Croix avec sa Mère,
saint Jean et Marie-Madeleine. Le dimanche de Pâques, les trois « achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus » Mc.16,1 et se rendirent au tombeau Elles sont les premiers témoins de la Résurrection : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité. »Mc.16,6
Lors de la persécution
des chrétiens dans les années 45, elles sont chassées de Palestine et
abordent ici, sur le rivage de Camargue en compagnie de Marie-Madeleine,
Marthe, Lazare, Maximin et d'autres disciples. C'est là qu'elles ont
fini leur vie.
Les Saintes Femmes sont les premières messagères de la
Bonne Nouvelle de la Résurrection. Elles témoignent de l'évènement
pascal qu'elles ont vécu et disent la Parole du Christ qu'elles ont
recueillie de sa bouche et longuement médité. C'est ici, en Camargue
qu'elles allument le feu de la Foi chrétienne qui va ensuite se propager
dans toute la Gaule et bien au-delà.
Dans le sanctuaire, on peut voir la « Barque des Saintes
» qui est portée en procession jusqu'à la mer lors des pèlerinages de
mai et d'octobre. Cette représentation est hautement symbolique. La
tradition dit en effet que, chassées de Palestine, elles sont poussées à
la mer sur une barque sans voile ni rame, promises à une mort certaine.
Que leur reste-t-il excepté la Foi, excepté l'Espérance ? Dans cette
barque, les Saintes sont représentées avec les vases de parfum qu'elles
ont acheté pour embaumer le corps du Christ. Il faut les imaginer se
hâtant vers le tombeau de Jésus dont elles savent qu'il a été fermé par
une énorme pierre. Trois femmes ! Pour remuer la pierre ?! Folie ? Oui,
folie d'Amour...Espérance contre toute analyse strictement rationnelle
de la situation...Il est là, le message des Saintes Maries : « Christ est ressuscité ! L'Amour est vainqueur et nous emporte dans l'Espérance ! »
Il devient clair pourquoi en 2013, année de la Foi, l'archevêque d'Aix et Arles Mgr Dufour a proclamé le sanctuaire des Saintes-Maries-de-la-Mer « Porte de la Foi » !
QUI EST SAINTE SARA ?
Le culte de Sainte Sara est fort ancien et, en même temps, son
identité reste une énigme. Mgr de Provenchères, en 1967, reconnait
officiellement l'ancienneté de Sara et la vénération dont elle est
l'objet: « Le culte de Sara est un culte immémorial. C'est pourquoi je le maintiens sous sa forme traditionnelle. ».
En 1357, Jean de Venette, carme parisien, rédige un long poème sur l'histoire des Saintes Femmes et mentionne « Sarrette », leur « chambrière
». Vincent Philippon écrit, vers 1521, une histoire des Saintes et
montre Sara quêtant auprès des habitants de quoi nourrir la petite
communauté chrétienne. L'un et l'autre la montrent associée à Marie
Salomé et Marie Jacobé.
Sur une facture d'huile de 1684, il est mentionné qu'une partie de l'huile est destinée aux lampes de la « chapelle de sainte Sarre ».
Nous appuyons sur une lettre apocryphe de Jacques au II° siècle la tradition qui «
nous la présente comme l'humble servante, la familière, pleurant sur la
grève le départ de ses maîtresses Jacobé et Salomé, que la fureur des
Juifs a jetées avec d'autres dans cette barque sans voile ni rame.
Révoltée, Sara veut partager le sort des condamnés, quel qu'il soit.
Alors, Salomé lui jette son manteau sur lequel elle marche à travers les
flots et vient prendre place auprès de ses amies. » (Article du
père Causse paru en avril 1999 dans La Roulotte, journal de l'aumônerie
des gitans). De nombreux tableaux la représentent dans la barque avec
les Saintes, venue avec elles de Palestine.
Sainte Sara n'est pas une
Vierge noire, à savoir Marie Mère de Jésus représentée noire comme au
Puy-en-Velay. Elle est la Sainte Patronne que les gitans ont choisie et
qu'ils fêtent avec ferveur lors du pèlerinage du 24 mai qui lui est
consacré. Placée dans la crypte, elle est couverte de manteaux de
prière.
Sara qui a cru à la Résurrection du Christ et qui a
accompagné fidèlement les Saintes jusqu'à leur mort est une figure de
foi et de fidélité que chacun peut imiter.
Depuis le XIIème siècle, les Saintes Maries sont un lieu de pèlerinages. Les reliques des Saintes découvertes en 1448 lors de fouilles ordonnées par le Roi René sont particulièrement vénérées durant deux pèlerinages.
Le plus connu a lieu immuablement les 24 et 25 mai de chaque année avec la participation des gitans. La journée du 25 est consacrée aux Saintes du village, Marie Jacobé et Marie Salomé,
menées en procession à la mer. Portées par les gitans, entourées de la
foule des fidèles, des arlésiennes et des gardians en costume
traditionnel et des pèlerins du monde entier, elles sont bénies par
l’Evêque. Pendant ces deux jours, offices et prières se succèdent dans
l’église.
Le deuxième pèlerinage a lieu le dimanche le plus proche du 22 octobre. Pèlerinage des gens du pays, il devient de plus en plus fréquenté. Le samedi soir, l’Evocation de l’Arrivée des Saintes, un sons et lumières sur la plage, gratuit, attire la foule des fidèles et des spectateurs de la région.
La Confrérie des Saintes est née en 1315 avec l'approbation de l'Archevêque d'Arles, Gaillard de Falguières et reconnue offcicellement sur la charte n°38 datée du 29 novembre 1338 avec pour but d'honorer les Saintes Maries et de se mettre sous leur protection.
Les buts de la Confrérie ont été précisés par le Président Henri VICENTE devant Mgr DUFOUR, Archevêque d'Aix et Arles, lors de sa visite pastorale en octobre 2011 :
Organisé le premier wek-end de décembre, ce pèlerinage commémore la Translation des Reliques.
Le samedi : Cérémonie de Descente des Châsses dans l'après-midi, suivie à 21h par une procession aux flambeaux; la Barque des Saintes est alors portée en procession par les membres de la Confrérie suivis par les fidèles. La procession se forme au pied de la Croix de Jérusalem près des arènes et se dirige par les petites rues du village jusqu'à l'église Notre Dame de la Mer.
Le dimanche : Messe solennelle suivie, l'après-midi par la cérémonie de la Remontée des Châsses.